Saint-Julien-Chapteuil : une histoire riche à l’origine d’un patrimoine exceptionnel.
 
 
Saint-Julien-Chapteuil est une commune née de l’union de deux localités. À l’origine, la population était implantée autour du suc de Chapteuil. Saint-Julien, une fois choisi comme chef-lieu de canton s’est développé alors que ce n’était qu’un infime bourg auparavant. Alors que savons-nous vraiment depuis l’épopée des seigneurs de Chapteuil jusqu’à l’ascension des familles notables qui firent de Saint-Julien un village remarquable, un centre administratif, politique et un carrefour commercial ?

I Aux origines du territoire : un pays reculé, avec des hameaux dispersés, mais peuplés
Des traces d’occupation préhistorique sur le territoire ont été trouvées dans les grottes de Peylenc, à Auteyrac, attestant la présence de tribus vers -6000. À l’époque gallo-romaine, les noms de hameaux en « ac » certifient de la présence de grands propriétaires (ac=acum=grand domaine) : Auteyrac, Neyzac, Monac. Cette hypothèse est renforcée par la présence de la « voie romaine » appelée « l’estrade ». La présence de tuiles retrouvées lors de fouilles atteste de l’existence de villas gallo-romaines puis mérovingiennes. En effet, ces tuiles anciennes n’ont plus été fabriquées après le VIIIé siècle, remplacées par le chaume ou les lauzes.
À la fin de l’Antiquité, le pays était très peuplé, en raison de la présence de terres agricoles riches. On sait qu’il y avait des gros hameaux comme Montusclat ou Monedeyres alors que St-Julien n’existait pas. D’ailleurs, aucun chemin n’y passait.
On suppose qu’une population «arverno alpine», dès le néolithique puis l’Antiquité, avait trouvé refuge ici, au «pays», face aux invasions celtiques et aux attaques barbares en raison de l’isolement des lieux. A priori, cette communauté avait des têtes rondes, ce qui était encore le cas de presque 80% des Capitoliens début 20é siècle : lors de la mode des chapeaux canotiers, le chapelier Mallet en commanda, mais constata que les hommes ne pouvaient les porter ayant la tête trop ronde, et non pas longue (anecdote retrouvée dans les notes d’Henri Dubois).
Il y aurait donc eu peu de mélange avec les Gaulois et autres envahisseurs à têtes longues ou écrasées à l’arrière.
II. Le Moyen-Age : les ruines de  forteresse de Chapteuil et le petit patrimoine en héritage
1.De la viguerie de Chapteuil au mandement.
Au IXé siècle, les Mérovingiens puis Charlemagne créèrent des vigueries à l’intérieur des comtés pour gouverner leur royaume. Le comté du Velay fut subdivisé en onze vigueries, vastes territoires, dont celle de Chapteuil. Les « viguiers » les dirigeaient. On ignore quel premier homme a été choisi comme « viguier de Chapteuil ». Sans doute quelqu’un issu d’une famille déjà influente et possessionnée dans le pays. Quant au nom, « Chapteuil », il varie selon les sources, reprenant toujours l’idée de « cap : lieu de pouvoir, de tête). Rapidement, les viguiers profitèrent de la faiblesse des successeurs de Charlemagne pour régner en maître sur leur viguerie qui devint leur « seigneurie ». C’est à cette époque que les Chapteuil devinrent « seigneurs de Chapteuil ». Le premier château ne devait comprendre que le donjon, dont il reste quelques traces. La forteresse ne fut édifiée qu’au fil des siècles par étapes.

      
2.Le mandement
Durant les XIé et XIIé siècles, le domaine de la viguerie se morcela en mandements, des seigneuries plus petites. Des chevaliers vassaux se rendirent indépendants et s’approprièrent les terres qui leur avaient été confiées en fief. De plus, des héritiers Chapteuil reçurent une partie de l’héritage domanial. Malgré tout, début XIIIé siècle, le mandement de Chapteuil restait immense allant jusqu’au Pertuis, au Nord. Au Sud-Est, le mandement capitolien s’étendait  jusqu’aux Planchas. Au Sud-Ouest, il comprenait Laprade. Au Nord-Ouest, il allait jusqu’au Triadour. À l’Est, il englobait le bois du Meygal.
 
3.Le petit patrimoine : fours et moulins
 
Les seigneurs de Chapteuil encouragèrent leurs paysans à défricher la forêt pour y fonder de nouveaux hameaux portant souvent le terme de « neuf » (Bourgeneuf), ou de « haut » ou « bas » pour l’extension d’un hameau préexistant (Neyzac haut, Chaumard bas ».. De surcroît, les paysans versaient aux Chapteuil le cens (loyer de la terre) et des péages. Les paysans sont libres (tenanciers) ou esclaves (les serfs finiront pas être affranchis au cours du XIIIé siècle)
Les seigneurs ordonnèrent la construction de fours, de moulins (tels ceux de Neyzac) dont les paysans devaient payer l’utilisation en nature. Certains fours, ou moulins étaient pris en charge par les paysans eux-mêmes. Ce sont alors des « biens de sections » dont l’usage revenait uniquement aux habitants du hameau. Les seigneurs pouvaient aussi avoir accordé aux habitants la gestion des moulins, des fours et autres pressoirs, fin XIIé siècle. En outre, ils avaient donné des terres ingrates à tous les paysans d’un hameau comme biens de sections : chacun pouvait laisser y paître ses bêtes. Ils pouvaient aussi avoir un droit d’afflouage : les paysans résidant dans le bourg se servaient en bois de chauffage sur les abords des forêts 6 mois par an.
Après l’abolition des privilèges le 4 août 1789, tous moulins, fours, ou bois sont devenus des biens de sections ou communaux.
 
         
  le four à pain Chanalès                                       le moulin de Guérin               
 
III. De l’apogée de Pons le troubadour au déclin des Chapteuil : au cœur de l’Histoire  
 
1.Pons le Troubadour : un héritage culturel important